Lebrun.                                     43
M. Berrier, furent jufqu'au devant des Jacobins, où ce particulier defcendit dc carotTe, entra dans la cour des Jacobins ct revint monter dans.ledit caroffe?
A répondu que le particulier dont eft queftion cft le fleur Berthelin, officier travaillant à la police, qui vint chez Gillet, boulanger rue des Frondeurs, où elle répondante étoit avec ledit Gillet; et la Saint-Laurent arriva peu après en caroffe chez ledit Gillet pour prendre elle répondante qui, connoiffant ledit fleur Berthelin pour l'avoir vu plusieurs fois chez ledit Gillet, lui conta les mauvaifes manières et procédés dudit fleur Chedeville : et comme elle difoit au fleur Berthelin qu'elle avoit vu paffer le laquais dudit fleur Chede­ville, ledit fleur Berthelin dit, parlant de la Saint-Laurent : « Montons dans le caroffe dc madcmoifclle. » Ce qu'ils firent tous trois, vinrent chez ladite-Saint-Laurent où ils ne firent qu'entrer ct fortir, remontèrent en caroffe dont la portière, du côté de l'hôtel de M. le Lieutenant général de police, fut levée à caufe qu'il y avoit beaucoup de monde à fa porte, rapport au fleur Ber­thelin et encore afin quc ledit fleur Chedeville ne vît pas elle répondante ; et comme ils avoient vu le laquais dudit fleur entrer dans la cour des Jacobins, ledit fleur Berthelin defcendit de caroffe, fut après lui pour lui demander où étoit fon maître, et le laquais s'en fut difant que fon maitre n'avoit que faire à lui : .«"étant remonté en caroffe ils aperçurent vers St-Roch ledit fleur Che­deville, continuèrent leur chemin jufqu'ù la rue des Frondeurs où ledit fleur Berthelin defcendit de carotTe pour retourner aus Jacobins chercher ledit fleur Chedeville, et elle répondante et ladite Saint-Laurent s'en furent cloitre Notre­Dame pour raifon du procès de ladite Saint-Laurent, ce qui étoit un dimanche.
Enquife fi elle a vu pluficurs fois ledit fleur Berthelin depuis ce tems ?
A répondu ne l'avoir pas vu depuis finon une fois qu'elle paffoit en ca­rotTe et que ledit fleur Berthelin lui dit : « J'ai vu M. Chedeville, il eft fou dc vous ct veut vous voir à toutes forces. » Obferve que depuis ce tems ledit fleur Chedeville lui a écrit et envoyé plufleurs lettres qu'elle lui a renvoyées ou déchirées en préfencc du porteur fans les lire ; que le jour d'hui, comme elle étoit à l'Opéra-Comique, ledit fleur Chedeville lui a fait donner plufleurs paires de bas dc foie ct un bouquet, et ce par une femme par laquelle elle a fait remporter le tout ; lui a fait propofer dimanche dernier par cette méific femme de fe trouver chez la nommée Paris, qui cft une femme commode où il fe fait des parties dc plaifirs ; que cette femme lui a dit que c'étoit Ie fleur Chedeville, mais dc ne pas le dire à elle répondante, de lui dire au contraire quc c'étoit un étranger qui vouloit Ia voir et lui feroit de beaux préfens, cc qu'elle répondante a refufé, et fupplieroit M. le Lieutenant de police de vou­loir faire en forte quc ledit fleur Chedeville, demeurant rue Saintonge au Marais et ayant femme et enfans, la laiffe en repos et tranquille.
Enquife fi elle n'a jamais été arrêtée ?
A répondu qu'elle ne l'a jamais été que cette fois.
Signé : Madelon Lebrun ; Delavergne.
(Archives de- Comm.f n° 3028.)